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Psychoéducation et sciences antiques

Dernière mise à jour : 6 mars 2023

Vous savez comme tout s'imbrique parfaitement quand on est sur le bon chemin ? Ces dernières semaines en décidant de revenir à une pratique plus psychologique de l'ayurvéda, c'est comme si l'univers avait voulu me souhaiter la bienvenue à la maison avec une banderole et des cookies ! La cerise sur le pompon, comme on dit chez moi, c'est que j'ai été chargée d'un projet d'études sur les innovations dans le traitement des troubles bipolaires. Cela donnera naissance à un prochain article, beaucoup plus long que celui-ci, dans quelques semaines.


Aujourd'hui, je veux nous parler de psychoéducation parce que c'est bizarrement une des tendances actuelles de la psychothérapie, tout en étant la base des sciences antiques. Voici une définition officielle : "La psychoéducation peut être définie comme une intervention didactique et psychothérapeutique systématique qui vise à informer les patients et leurs proches sur le trouble psychiatrique et à promouvoir les capacités pour y faire face." Ou alors on pourrait résumer comme ça : "connais toi toi-même", nan ?! Attention hein, ce n'est pas une critique de ma part, au contraire, je me réjouis que les disciplines modernes rejoignent - sans le savoir - les sciences antiques ; non seulement parce que cela légitime ma pratique d'une certaine manière, mais surtout parce que nous allons d'un pas assuré vers une médecine intégrative.



L'idée est qu'en informant le patient sur les mécanismes en jeu dans son trouble, il est capable d'abord d'identifier les symptômes prodromiques et d'agir avant que cela ne dégénère, ensuite il apprend à distinguer son état de son être. Ce que les patients relatent souvent, c'est qu'ils ne s'identifient plus à la maladie "je suis comme ci, comme ça", mais qu'ils comprennent qu'un certain déséquilibre s'est formé et qu'il est possible de le corriger. Bien sûr, ce n'est ni simple ni rapide parce que les schémas neuronaux sont enregistrés comme favoris dans le GPS du cerveau mais avec le temps et le juste accompagnement on apprend la patience et la confiance - et c'est tout ce dont nous avons besoin.


Il y a une inquiétude grandissante en sociologie aujourd'hui concernant l'énorme et constante augmentation de la dépression chez les jeunes. Il y a évidemment plusieurs sources à cela, et le confinement a joué un rôle majeur, ainsi que la dématérialisation des relations humaines. A l'autre bout de ce constat, la recherche pharmaceutique développe l'utilisation thérapeutique des psychédéliques et les résultats sont tellement encourageants que la FDA autorisera dans deux ans le MDMA et la psilocybine en accompagnement psychiatrique. Le traitement neurologique et la source psychologique semblent ici ne pas avoir de rapport, seulement une efficacité inexpliquée.


D'un point de vue plus traditionnel, on pourrait comprendre que se manifeste toujours plus densément ce que les sages avaient identifié : nous perdons le sens de notre quête. Et quand je parle de sage, bien sûr je me réfère à l'Inde antique de l'ayurvéda, mais je me réfère tout aussi bien aux savants de l'islamicat médiéval (le mot n'existe pas encore en français mais j'anticipe), à René Guénon, à Karl Gustav Jung, à Viktor Frankl et certainement d'autres qui ont infusé ma pensée. Il me semble que ces sagesses se rejoignent pour expliquer comment la thérapie proposée dans le paragraphe précédent est juste pour la source identifiée. Vous savez en ayurvéda la première ligne thérapeutique est d'éliminer la source du déséquilibre.


Petite parenthèse ayurvédique de niveau 1 : la dépression est toujours connectée avec un feu digestif faible, alors la nutrition y joue un rôle comme source et comme médecine.


Et donc pour revenir à la psychoéducation, on obtient effectivement des résultats en expliquant à la personne les schémas neuronaux. On obtient encore de meilleurs résultats en donnant l'expérience à la personne de la modification de ces schémas par la prise de psychédéliques. Et il est possible de réellement ancrer et de transcender ces résultats avec une éducation philosophique et/ou spirituelle. En réalité, c'est tout l'art de la philosophie antique et des voies initiatiques : mener le disciple vers une compréhension de sa psyché pour qu'il identifie ce qu'elle est et ce qu'elle n'est pas, pour qu'il distingue ce que lui est et ce qu'il n'est pas, et que de ce discernement éclose la paix intérieure.


La raison pour laquelle une prise unique de psychédélique permet à certains patients de se libérer de leur dépression, et à tous d'en diminuer l'intensité, est que - selon les propres termes de la médecine moderne - elle offre une expérience mystique. Les neurosciences montrent que certaines substances naturelles (ayahuasca, psilocybine, ibogaïne) et de synthèse (lsd, mdma) génèrent dans le cerveau les même effets que la méditation et la prière, elles activent "la zone de Dieu". Et cette expérience divine, cette union, est la quête innée de l'humain selon tous les sages cités précédemment. C'est le yoga et la fitra, ce sont les travaux de Jung et de Frankl, c'est le samkhya et le védanta, c'est le soufisme et le néo-platonisme. Bref, c'est la base dude !


Étudier les sciences antiques et être accompagné dans cette étude par une personne qui suit leur chemin est la psychoéducation.


Deux possibilités avec moi : un cours en ligne sur la philosophie du samkhya et un accompagnement vers le dévoilement intérieur par la discussion (voir ici en fin de page) .


Namastê Salam



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