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Je ne suis pas une coupe vide.

Dernière mise à jour : 29 avr.

Je ne suis pas une coupe vide, je suis une corbeille !

_ "Ha mais c'est pas bien faut être, une coupe vide !!'


Oui oui je sais, si vous avez déjà lu un happinez ou écouté petit bambou vous savez aussi, donc je pars du principe que tout le monde sait. La vérité est sphérique. Ce n'est pas parce qu'un sage a dit quelque chose un jour que c'est la vérité pour moi en ce moment, c'était la vérité pour lui à ce moment-là et il a probablement changé et re-changé de discours depuis. Il suffit de lire plusieurs œuvres du même sage pour l'observer. Ou l'Astanga Hrdayam, ou la Bhagavad Gita...

Atelier Darbroche - coupe vide
Atelier Darbroche

J'adore cette méditation, de la coupe vide du bouddhisme, du "empty bowl" que j'ai eu l'honneur de recevoir guidée par Vasant Lad, du "hollow and empty" dont j'ai eu la chance de faire l'expérience plusieurs fois avec Sri Sri Ravi Shankar. J'aime cette pratique du fond de mon cœur et j'essaie de l'appliquer au quotidien, en me rappelant que je suis vide et creuse, les choses me traversent et si je ne les retiens pas, elles passent. Wait what !? Ben nan une coupe ça retient les choses, c'est pour ça qu'il faut être une coupe vide nan ? Pour être libéré de ses mémoires, de ses traumas, de ses attentes, de ses connaissances, etc. Mais du coup, si je veux être une coupe vide tout en recevant des choses, des expériences et des enseignements, il vaut mieux que je fasse des trous au fond nan ? Ha oui, je suis vide et creuse, mais pas comme une coupe, comme une corbeille !


D'aussi loin que je me souviennes, on m'a toujours reproché mon esprit critique. Parfois je le remets en question moi aussi et toujours la réponse à cette question est que l'esprit critique est une vertu, quand il est en équilibre. En déséquilibre il peut tendre vers le jugement et l'insatisfaction, mais en équilibre il est le discernement : ce qui me permet de voir les choses telles qu'elles sont, ce qui me permet d'évaluer le courant du fleuve et la hauteur du pont avant de m'y jeter avec mes amis ou pas. Le discernement est la clarté d'esprit, et selon l'Astanga Hrdayam, le discernement est un des trois meilleurs remèdes pour le mental, avec la volonté et la connaissance du Soi (su 1:26).


Je vous donne la définition de la critique en philosophie (wikipedia):

"Le terme critique dérive du terme grec kritikē (κριτική), signifiant « (l'art de) discerner », c'est-à-dire le fait de discerner la valeur des personnes ou des choses. En philosophie moderne, il désigne une enquête systématique sur les conditions et conséquences d'un concept, la théorie, la discipline, ou une approche et une tentative de comprendre ses limites et la validité. Un point de vue critique, en ce sens, est le contraire d'un dogmatique."


Ensuite celle de l'esprit critique :

"La pensée critique est un concept dont les définitions sont nombreuses et parfois contradictoires, qui désigne, dans les grandes lignes, les capacités et attitudes permettant des raisonnements rigoureux afin d'atteindre un objectif, ou d'analyser des faits pour formuler un jugement. Son utilisation est particulièrement mise en avant en pédagogie. Certains auteurs considèrent que l'école enseigne plus aux élèves des contenus de cours qu'à raisonner correctement, alors qu'elle devrait faire le contraire"


J'en reviens à mon histoire de corbeille. Si je suis une coupe vide, effectivement je reçois un enseignement tel qu'il est, dans sa forme. Si je suis une corbeille, je passe cet enseignement comme un filtre ou un tamis, j'en fais l'expérience et il me transforme. Je prends une autre image, plus classique dans les théories de la connaissance : celle de la pomme. Si on me donne une pomme et que je peux la restituer telle qu'elle, j'ai été une bonne gardienne de la pomme. Si on me donne une pomme et que je la mange, je ne peux pas la restituer telle qu'elle, mais j'en ai fait l'expérience. Dans cette deuxième hypothèse, je connais la pomme.


Alors c'est une question de choix : est-ce que je veux être une bonne gardienne de la connaissance, ou est-ce que je veux en faire l'expérience ? Est-il égoïste de manger la pomme ? Certains devront être les gardiens des pommes, et certains devront en faire l'expérience pour que leur teint et leurs mots donnent envie aux prochains de continuer à cultiver des pommes. Truth is spherical, Chacun a un rôle à jouer dans ce cercle vertueux de la connaissance. Je ne crois pas qu'il y ait un bon rôle ou un mauvais rôle ; j'envie même les personnes qui sont capables de retenir par cœur les textes, seulement ma compétence naturelle est plutôt le tri.


Comme mon feu digestif, mon foie et mes intestins, mon feu intellectuel passe tout ce qu'il reçoit dans des filtres successifs. Équipée de ma frontale, j'observe, je tri et je sélectionne. Alors des fois ça pique oui, parce que la digestion c'est aussi de l'acide, mais je pense que c'est sain, et je décide de le garder. Je ne suis pas une coupe vide, je suis une corbeille ! Et si vous êtes arrivés jusque là, vous méritez que je partage avec vous ce magnifique conte soufi qu'un ami m'a envoyé ce matin :


Un saint homme, vivait dans une ferme dans les montagnes avec son petit fils. Chaque matin, le saint homme se réveillait tôt pour lire son Coran. Son petit fils voulait être comme son grand père, et essaya de l'imiter dans tous ses gestes.

Un jour, son petit fils, lui demanda : « Grand père! J'ai essayé de lire le Coran comme toi, mais je n'arrive pas à comprendre le sens des versets, et lorsque je comprends parfois, j'oublie aussitôt que je ferme le livre. Qu'est ce qu'on retire de bien lorsque nous lisons le Coran?»

Le grand père silencieusement s'arrêta de mettre du charbon dans la corbeille et demanda à son petit fils : « Prends cette corbeille jusqu'à la rivière et ramène là moi remplie d'eau". Le garçon fit comme son grand père lui demanda, mais la corbeille se vidait d'eau avant qu'il revienne à la maison.

Le grand père rit et dit : « Tu devrais être plus rapide la prochaine fois.» Et il renvoya son petit fils avec la corbeille pour essayer une deuxième fois. Cette fois-ci le jeune garçon courra, mais la corbeille se vida encore avant de retourner à la maison. Essoufflé, il dit à son grand père qu'il était impossible de ramener de l'eau dans une corbeille, et qu'il allait prendre un seau à sa place. Le grand papa lui dit : « Je ne veux pas de l'eau dans un seau, mais dans une corbeille, c'est juste qu'il faut ressayer encore. » et il parti retenter sa chance.

Le jeune garçon plongea encore la corbeille dans la rivière, couru, mais quand il arriva à la maison, la corbeille était encore vide. Essoufflé il dit à son grand père : « t'as vu grand père, c'est inutile! » Le saint homme, regarda son petit fils et lui dit : « Regardes la corbeille ! » Le jeune garçon regarda la corbeille et pour la première fois réalisa qu'elle était différente. Elle a été transformée d'une corbeille sale à une corbeille propre.

« Mon fils, c'est la même chose quand tu lis le Coran. Il se peut que tu ne comprennes pas ou que tu ne te rappelles pas de tout, mais quand tu lis le Coran, c'est ton âme qui change. »


Là vous avez peut-être l'impression que le conte dit le contraire de ce que je viens d'expliquer. Hihi, la vérité est sphérique ! Relisez ! On dit que les contes portent sept niveaux de lecture...


Namastê Salam




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