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Une psychologie spirituelle

"Les meilleures thérapies pour le mental sont le discernement, le courage patient, et la connaissance du Soi." Ashtanga Hrdayam, Su 1:26

Qu'est-ce que le mental ?


Avant de savoir comment l'équilibrer, il est important de définir ce que nous entendons par "le mental". Selon le Caraka Samhita, le plus grand texte classique de l'ayurvéda, le mental fait partie des organes sensoriels ; mais sa fonction est différente de celle du nez, des yeux, de la peau, des oreilles et de la langue, qui ne font que percevoir une information, qui sont des portes entre le monde extérieur et l'intérieur. La fonction principale du mental est de recevoir et traiter les informations perçues par les autres organes sensoriels.


C'est le mental qui analyse ces informations et permet la sensation. C'est lui aussi qui, en s'appuyant sur nos expériences passées, va émettre un jugement de ces informations comme bonnes ou mauvaises, et c'est ce qui va générer plaisir ou souffrance.


Le mental est donc l'organe qui opère la transformation de ce qui nous pénètre, depuis l'extérieur à travers nos cinq sens, en plaisir ou souffrance.


Ce qui engendre la souffrance


C'est le metal qui génère le plaisir ou la souffrance, en fonction de son jugement émis en relation avec nos expériences passées. Par exemple, quand je vois une pomme pour la première fois, elle suscite de la curiosité ; mais lorsque je vois une pomme pour la seconde fois :

  • si j'ai mangé la première et que je l'ai trouvée délicieuse, la vue de celle-ci va m'être plaisante

  • si le goût de la première ne m'a pas plu, en voyant la seconde, je vais avoir une sensation désagrable.


Cette impression va egendrer du désir ou de la répulsion envers cette pomme. A leur tour, le désir et la répulsion vont générer du plaisir ou de la souffrance : si je dois manger la pomme, selon mon désir ou ma répulsion, mon émotion sera le plaisir ou la souffrance - avant même que j'aie goûté cette pomme-ci.


De même, si je pense que la mort est un arrachement à la vie et au bonheur, je vais avoir peur de la mort sans la connaître ; alors que si j'ai une ima ge d'un jardin des délices qui m'attend, je vais la désirer ardamment - sans la connaître non plus.


Ce sont mes impression préalables qui dénaturent ma curiosité en jugement, puis en désir ou répulsion, et enfin en plaisir et soufrance.


Qu'est-ce qui libère de la souffrance ?


C'est en ayant une connaissance des choses telles qu'elles sont que l'on se libère de la souffrance selon Atreya Purnavasu. C'est-à-dire que c'est l'étude de la pomme qui va me montrer qu'elles est non-toxique, riche en nutriments et en vitalité, bonne pour mon corps. Cette étude et cette connaissance vont décider de mon rapport à la pomme : est-ce que je la mange ou pas ?


C'est donc la connaissance qui est le remède ultime, et c'est pour cela que les textes classiques de l'ayurveda nous disent que si on veut une vie longue et bonne, on doit étudier l'ayurvéda. Car cette science nous aide à connaître les choses telles qu'elles sont : les aliments, le corps, le mental, le cosmos et sa création.


En réalité, ce n'est pas seulement la connaissance des vertus de la pomme qui va me permettre d'avoir un rapport sain avec elle ; c'est aussi la connaissance de mon corps et de ses besoins qui, correspondant à la pomme (ou non), vont distinguer si cela me convient ou pas - sans générer d'émotions.


Ce qui apaise le mental


La connaissance de la pomme et la connaissance de mon corps apaisent mon rapport à la pomme. Ma connaissance du corps de l'autre apaise améliore mon rapport au corps de l'autre - et au mien par effet miroir. Ma connaissance du fonctionnement du mental améliore mon rapport aux émotions des autres personnes. Ma connaissance du monde apaise mon rapport à "ce qui se passe dans le monde". Et pour comprendre le monde, je dois en comprendre sa création, son évolution et son sens.


C'est la méthode scientifique : Aristote nous a transmis que pour connaître une chose, il faut connaitre sa cause ; et qu'en remontant d'effets en causes, on distinguerait ce qui est contingent de ce qui est primordial. Cette étude-là, des effets, des effets vers la cause, est celle du Samkhya et de Plotin ; elle est l'orientation du regard depuis la matière, vers l'immatériel puis vers l'absolu.


Plus concrètement, c'est en remontant de l'étude des corps, vers l'étude du mental, vers l'étude de l'individualité, puis de l'intellect et enfin de l'Un - la cause primordiale - que l'homme atteint la libération de la souffrance. Cette étude demande du courage et de la patience (dhairya), mais petit à petit, elle va nous mener vers la connaissance du Soi (atmavijñana). Et en chemin, nous gagnons le discernement (dhi) qui nous permet de voir les choses telles qu'elles sont - et de ne pas souffrir à la vue d'une pomme.


Conclusion


Bien-sûr, cette explication manque de nuances et de détails car elle doit tenir dans un article. Pour continuer ce cheminement dans la santé mentale selon l'ayurvéda, ce cheminement intérieur, j'ai créé ce cours : "la psychologie ayurvédique". Dans cette formation de cinq heures, en ligne, je commente le texte classique qui nous enseignent tout ceci, afin de les rendre plus accessibles - parce que quand-même, il a été rédigé en sanskrit, il y a au moins 2000 ans !


Et si vous êtes arrivés jusqu'ici, j'ai le plaisir de vous remercier de me lire avec une réduction sur le cours de psychologie en ayurvéda : -10% avec le code JETELIS




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